19 octobre, Caen : rassemblement des agent-e-s territoriaux-ales devant la mairie

Repris du site caennais “Résistances” (http://www.resistances-caen.org/).

Pour mieux comprendre les raisons de la mobilisation des agent-e-s territoriaux-ales de la Communauté Urbaine “Caen la mer”, on a ajouté au récit du rassemblement du 19 octobre un article explicatif publié dans le N°2 de “Convergences”, la feuille d’info de l’ICL.

Rassemblement des agents de la ville de Caen le 19 octobre 2017

A l’appel de l’intersyndicale, un rassemblement contre les ordonnances était organisé devant la mairie de Caen. Le lieu n’a pas été choisi par hasard car il s’agissait en même de soutenir les agents de la ville en conflit avec le maire. Ce dernier veut les faire travailler 39 heures de plus par an sans compensation salariale. Une délégation a pu être reçue finalement à la mairie. En attendant, les manifestants ont décidé de défiler symboliquement autour du rond-point de la mairie. Un petit groupe s’est détaché et s’est rendu place Fontette pour bloquer ce rond-point stratégique. Moins de 5 minutes plus tard, les premiers policiers surveillant le rassemblement s’équipent puis leurs collègues arrivent. Ils forment une ligne sur la place qui oblige les manifestants à reculer au niveau de l’état-civil. Le gros des troupes reste globalement sur le rond-point de la mairie. Puis, peu à peu les deniers manifestants place Fontette se joignent aux autres et continuent, pour certains, de tourner autour du rond-point.

De plus en plus de bus étant bloqués, la police intervient et une colonne de policiers se dirige vers l’entrée du boulevard Bertrand. Mal leur en a pris puisque certains manifestants décident de réoccuper la place Fontette. La colonne est obligée de se diviser en deux pour empêcher les manifestants de rebloquer. La maréchaussée pousse les derniers manifestants qui bloquaient les couloirs de bus et ces derniers peuvent recommencer leur rotation. Il reste alors une petite centaine de personnes sur le rond-point mais l’annonce de la sortie de la délégation a raison de l’occupation.

Comme la semaine précédente, la délégation sort dépitée de l’entrevue. Le maire campe sur ses positions et ne s’est contenté de faire de maigres propositions salariales (comme une indemnité repas). Ces dernières sont mal accueillies par les agents présents. Les organisations syndicales annoncent alors qu’elles vont se réunir et proposer un texte résumant l’entrevue afin que les agents décident, dans les jours à venir, des actions à mener.

Mobilisation en cours des agent-e-s territoriaux-ales

à Caen

La colère monte chez les agent-e-s territoriaux-ales de la Communauté Urbaine (CU) Caen la mer (2000 personnes) et de la ville de Caen (et de son Centre Communal d’Action Sociale, soit 2000 autres agents en plus).

La transformation de la Communauté d’Agglomération Caen la mer en CU en 2017 a entraîné une remise à plat des accords auparavant en place (2001 pour Caen et 2003 pour Caen la mer) et d’avantages acquis lors des luttes de 2011 et 2013, où les dépôts de matériels et de véhicules furent bloqués par les grévistes.

Les fusions de collectivités territoriales sont pour celles-ci une occasion systématique d’essayer de rogner les quelques avantages que les agent-e-s territoriaux-ales peuvent avoir. Les logiques de réduction de la masse salariale, d’intensification du travail, d’austérité budgétaire avec moins de gens et de moyens pour faire autant ou plus de boulot (avec toute la souffrance au travail qui va avec) sont à l’œuvre. Les collectivités territoriales sont des patrons comme les autres…

Sont donc remis sur la table par les élu-e-s qui gérent la CU les conditions de travail, le temps de travail, les conditions d’avancement, les salaires, les primes (censées devenir « au mérite », une arme patronale pour réduire le montant global des primes versées et semer la zizanie parmi les salarié-e-s afin d’affaiblir leur solidarité). Un point qui cristallise particulièrement la tension sociale actuelle est la volonté de supprimer 5 jours de congés annuels qui vont au-delà du minimum du statut des agent-e-s territoriaux-ales, pour les faire passer de 1568 heures annuelles à 1607.

Depuis le 12 septembre, des centaines de territoriaux-ales se mobilisent pour faire monter la pression. Le 12, plus de 800 grévistes étaient recensé-e-s (grève à l’appel de SUD et de la CGT) et 500 d’entre eux et elles étaient rassemblé-e-s devant le siège de la CU sur les Rives de l’Orne pour tenir un barrage filtrant sur le rond-point et réclamer qu’une délégation soit reçue. Leur seul « interlocuteur » fut la police en tenue anti-émeute, flash ball braqués sur les salarié-e-s, prête à charger s’ils et elles ne repassaient pas les ponts de l’Orne alors que la manif en centre-ville venait dans leur direction. Le fait que les manifs ne passent pas les ponts semble constituer une obsession pour la police, qui doit craindre l’occupation de la gare ou des dégradations du local du FN. Mais elle aurait les moyens d’empêcher ça sans bloquer les ponts… Peut être qu’il s’agit seulement d’humilier le mouvement social en lui interdisant la moitié de la ville… Toujours est-il que cette journée là en dit long sur la vision du « dialogue social » des autorités territoriales.

Le 28 septembre, un rassemblement (appuyé par quelques routiers, chômeurs-euses et étudiant-e-s organisé-e-s et solidaires) réunit 500 agents qui font une « haie d’honneur » sonore et pas vraiment accueillante aux élu-e-s qui venaient participer au Conseil Communautaire. Bruneau, maire de Caen et président de la CU, a fini par accepter de recevoir une délégation syndicale mais a refusé de lâcher quoi que ce soit sur la suppression des jours de congés, présentée comme « non négociable », ou les salaires.

Une nouvelle séance de négociations a eu lieu le 11 octobre. La CU a maintenu sa volonté de supprimer les 5 jours de congés mais a laissé entendre qu’elle était disposée à donner des compensations. Les syndicats réclamaient 500 euros annuels de compensation et divers avantages liés au travail de nuit et à la restauration des agents bossant loin des restos administratifs.

Mais le 12 octobre, les 5 à 600 agents rassemblé-e-s devant la mairie de Caen, qui semblent constituer le « noyau dur » de la mobilisation, ne voulaient majoritairement pas entendre parler de compensation financière mais conserver simplement leurs 5 jours de congés annuels. Nouvelles négociations avec Bruneau qui ne propose que quelques miettes sur la restauration, la monétisation du Compte Épargne Temps… Les orgas syndicales ont unitairement décidé de ne plus assister à ces pseudos négociations et ont déposé un préavis de grève d’un mois. Les agent-e-s sont remonté-e-s. La CU fait la sourde oreille mais pétoche.

Tout semble réunit pour qu’un conflit sérieux éclate. Prochain épisode le 19 octobre avec nouveau rassemblement devant la mairie, à partir de 11H, appuyé par une présence interprofessionnelle en solidarité. On sera là.

Effectivement, on y était…

 

 

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