20 octobre : Importante grève dans les transports urbains MAIS…

Le 20 octobre, les 6 principales organisations syndicales des transports urbains lançaient un appel unitaire à une journée de grève nationale pour les salaires, le 13ème mois, la mise en place d’un “plan de fin de carrière” (avec horaires diminués mais pas autant que le salaire) pour les conducteurs-rices ayant plus de 15 ans d’ancienneté…

130 villes ont été touchées par cette grève qui a été bien suivie MAIS pourquoi les organisations syndicales de ce secteur n’ont elles pas appelée à la grève lors de la journée de mobilisation interprofessionnelle du 19 octobre ? La convergence des luttes aurait renforcé la mobilisation contre les ordonnances sur la Loi Travail 2 tout en donnant un poids plus important et INQUIETANT à la grève des transports urbains.

Mais, outre le fait que certaines organisations syndicales mangent dans la main du patronat et du gouvernement et ne voient pas plus loin que le bout, étroitement corporatiste, de leur nez, il faut se rendre à l’évidence : même parmi les confédérations syndicales mobilisées contre la Loi Travail 2, certaines directions nationales (CGT et FO) rechignent à multiplier les journées de grève interprofessionnelle et à créer un climat d’agitation sociale permanente qui pourrait les déborder, même si c’est pourtant le seul moyen de mettre le gouvernement en difficulté… La convergence des luttes a encore du chemin à faire, que ce soit dans les idées, les esprits, les organisations, les pratiques…

Pour conclure, puisqu’on parle de corporatisme qui voit pas plus loin que le bout de son nez, on relaie un article tiré de la page Facebook de “Nantes Révoltée” (https://fr-fr.facebook.com/Nantes.Revoltee/) sur une grève TOTALE des transports urbains à Nantes mais pour des revendications sécuritaires qui ne mènent qu’à l’impasse…

TAN : la fuite en avant sécuritaire

Nantes, mardi 24 octobre. Plus un seul tramway ou bus ne circule dans la ville. Les rues sont désertes. Les flux sont bloqués. La métropole est paralysée. Les salariés des transports en commun nantais ont acté une « journée blanche », une grève totale et spontanée mettant à l’arrêt l’ensemble du réseau. Impressionnant.

Pourquoi un blocage d’une telle ampleur ? Pour réclamer de meilleurs salaires ? Pour protester contre les ordonnances ? La baisse des APL ? La casse de la sécurité sociale ? Les politiques ultra-libérales et sécuritaires de Macron ? Les expulsions ?

Non, rien de tout ça. Les salariés de la TAN ne se préoccupent guère des droits sociaux et ne se mobilisent quasiment jamais – ou alors en très petite proportion – dans le cadre des mouvements. Cette grève totale et puissante a pour but de réclamer … plus de flics. Oui, plus de flics dans les transports.

Le quotidien Ouest-France, qui pour une fois, ne parle pas de « grogne » ou de « prise d’otage » pour qualifier cette mobilisation, semble même comprendre et appuyer les revendications des grévistes. Un article explique qu’il s’agit « d’une manière de faire entendre leur colère après les deux agressions sur des équipes de contrôleurs. » Le patron de la TAN exprime dans les mêmes colonnes sa « solidarité » avec les agents en grève. Il ajoute dans Presse-Océan : « les opérations de contrôle renforcés ne se feront qu’en présence de la police nationale ». Nous y voilà. Tout part finalement des contrôles des voyageurs par les équipes de la TAN. Le réseau de transport nantais est l’un des plus chers de France, avec des tickets à 1,6 euros l’unité. Chaque année, l’entreprise augmente drastiquement ses prix, laissant sur le carreau les précaires, étudiants et autres sans-argent qui n’ont pas les moyens de sacrifier plusieurs dizaines d’euros par mois pour se déplacer. C’est dans ce contexte que les contrôles de tickets se sont multipliés drastiquement. Par exemple, il n’est pas rare de voir des équipes de 20 contrôleurs encercler littéralement une rame de tramway, la prendre d’assaut, empêchant quiconque de sortir avant d’avoir présenté un titre de transport. Ces raids sont généralement organisés dans le quartier des facs et les quartiers populaires. Une façon de faire du chiffre là où les gens manquent de thunes. Et malheur à ceux qui n’ont pas de papiers. Pour eux, les agents de la TAN appellent directement la police, et c’est la garde à vue voire l’enfermement en centre de rétention.

A ces pratiques humiliantes s’ajoutent ces dernières années une présence accrue de policiers armés dans les tramways, ainsi qu’aux abords des arrêts du centre-ville, et de l’implantation de près de 2000 caméras de surveillance dans l’ensemble des transports en communs de l’agglomération.

Bref, la question n’est pas celle du « manque de sécurité », Nantes étant déjà une ville où la police est omniprésente. Une compagnie de CRS supplémentaire a encore été affectée pour la surveillance des tramways en septembre 2017. La question est donc celle du prix des tickets. Les cas de « violences » dont se plaignent les agents de la TAN sont quasiment toujours liés à des contrôles, et à des passagers qui tentent de s’enfuir, voire refusent de payer une lourde amende pour fraude. Les mobilisations répétées pour réclamer encore plus de policiers dans les transports ne changeront donc rien à la situation et ne feront qu’attiser les tensions.

La gratuité des transports, en revanche, réglerait tous les problèmes d’un coup : plus de contrôles humiliants et coûteux, plus d’altercations entre fraudeurs et agents de la TAN, plus de dépenses sécuritaires.

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