La lutte des territoriaux-ales se durcit

Article tiré de Convergences N°3, la feuille d’info de l’ICL.

La lutte des territoriaux-ales se durcit.

Eh non, Joël Bruneau, les territoriaux-ales ne sont toujours pas disposé-e-s à passer de 1568 à 1607 heures annuelles pour tes beaux yeux et pour quelques clopinettes. Et pour te le prouver, ils et elles durcissent le mouvement !

Précédé d’un blocage fort bruyant et déterminé des ateliers techniques du boulevard Leroy, le rassemblement du 19 octobre devant la mairie de Caen a réuni plusieurs centaines de territoriaux-ales. Pendant qu’une délégation était finalement reçue, les rond-points se trouvant à proximité ont été symboliquement bloqués tandis que la police en tenue anti-émeute ne tardait pas à se déployer. Une nouvelle fois, l’entrevue avec le président de la Communauté Urbaine (CU) n’a rien donné. Ensuite sont arrivées les vacances scolaires pendant lesquelles il ne s’est pas passé grand-chose. Mais la rentrée, elle, a fait du bruit.

Le 6 novembre, des territoriaux-ales perturbent le conseil municipal d’Hérouville. Le lendemain, 2 Assemblées Générales se tiennent, une le matin à l’auditorium du château de Caen avec une grosse centaine de personnes et une autre, l’après-midi, à la Maison des Syndicats, avec environ 200 personnes. Il ressort des AG la volonté de ne pas lâcher l’affaire, le refus de travailler 39H de plus annuellement (le fait d’être en dessous des 1607 heures annuelles n’est pas une spécificité de la CU de Caen la mer, d’autres collectivités pratiquent des horaires inférieurs aux 1607 heures aux quatre coins de la France). Les propositions de la Communauté Urbaine sont donc jugées insuffisantes en terme de compensation pour les 39 heures supplémentaires à effectuer et c’est le maintien du statu-quo sur les horaires qui est réclamé.

Le dimanche 12 novembre, jour du grand marché caennais, tôt le matin, les sites du stade Hélitas et de la Cotonnière sont cadenassés pour que les rares véhicules de nettoyage qui s’y trouvent n’en sortent pas. Le dépôt principal des véhicules de nettoyage, situé quai Caffarelli, est bloqué par un piquet d’environ 80 manifestant-e-s, et les locaux sont occupés. L’équipe du dimanche reste en poste mais est dans l’impossibilité de sortir effectuer son travail. Inutile de vous dire qu’ils ont pas été traumatisés.

Vers 14H, une trentaine de manifestant-e-s rejoignent le marché désormais désert où les derniers commerçant-e-s finissent de remballer. Toutes les piles de cartons, de cageots, toutes les poubelles sont systématiquement renversées et dispersées dans la bonne humeur et la détermination sous le regard surpris des rares passant-e-s. Disons le, c’est le bordel.

Un camion benne et une balayeuse mécanique desservis par quelques cadres qui jouent les jaunes tente de débuter le nettoyage de la place Courtonne. Ils et elles sont appuyé-e-s par une balayeuse louée à une entreprise privée par la mairie en prévision du blocage du dépôt de machines. Les manifestant-e-s vont leur prendre la tête. Un des cadres veut jouer les boxeurs mais un de ses collègues, plus conscient du rapport de force, le fait monter dans le camion et tente de calmer le jeu. La police nationale commence à tourner ainsi que la Brigade Anti-Criminalité. Inutile de s’attarder, l’objectif est de toute façon rempli : tous les déchets du marché sont étalés partout et le vent complice finit de les disperser aux 4 coins de la place. Ça a du être long et pénible pour les cadres de tout nettoyer, surtout qu’il faisait un temps de chien ce jour là. Retourné-e-s se mettre au chaud dans le dépôt occupé, les manifestant-e-s rigolaient bien en pensant aux cadres en train de ramasser la merde sous la flotte et la grêle.

Le lendemain, les gars des ateliers du boulevard Leroy se réunissent en assemblée à l’heure de la prise de poste et décident, sur le tas, de rebloquer direct leur site. Les syndicats sont arrivés ensuite pour les soutenir et les couvrir.

Au programme des jours qui viennent, des perturbations de conseils municipaux et le 23 novembre, à 18H, grand rassemblement devant le bâtiment de la CU, rue Rosa Parks, aux Rives de l’Orne à l’occasion du prochain Conseil Communautaire. On y sera en solidarité, venez-y aussi !

 

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